Elle grandit dans les coeurs sans faire de bruit…
Le glaive prend son temps puis doucement s’enfonce,
Entre l’or et le sang, c’est la vie qui renonce
Brisant le fil ténu du rêve qui s’enfuit.
Fléchées par Cupidon, déferlent les scories.
Amertume glacée au sein d’une avalanche,
Fantasmes échoués sur notre page blanche
Colorant de sépia nos vaines théories.
Les voies abyssales tenaillent le destin,
Les mots souventefois distillent la souffrance
Et le bonheur s’est tu ; c’est la désespérance
Apposée de son seing par le beau galantin.
Mais il est un espoir à ne point occulter
Que diapre l’horizon au terme du naufrage.
Les amants esseulés recouvrent le courage
De disséminer les brouillards pour exulter.
Sur les volcans éteints s’érigent les géodes
Qui habillent nos doigts d’agate ciselée,
Reflet d’une passion par trop renouvelée
Abrogeant sans regret les sombres épisodes.
Poème de Jacqueline Peytavi

