Ma plume d'argent


  

 


Ce soir j’ai un peu froid ! Je tremble et la sueur inonde mes tempes. La nuit m’ouvre ses portes et nous sommes enfin réunis dans l’ombre. Il pleut sur mes joues, pleure dans mon cœur, engloutissant ta chair dans la faible clarté de l’antre. Tu es ma seule quête et j’apprends à me séparer de toi. Bientôt
ne subsistera guère qu’une once de ton âme et ce qui fut ta belle présence ne sera plus qu’évanescence. 

Les heures égrenées savent combien à moi tu t’es offerte dans l’abandon de ta chair dont le souffle était absent, et où face à mon regard, le tien se voulait fuyant. Oui, demain nos routes se sépareront. Non point que l’amour ne soit, car j’ai lu dans ton âme bien plus que n’y verront tes amants. Nous avons souvent fait l’amour sans que tu ne le saches, j’ai appris à aimer ton corps m’interdisant de le prendre.
 


Ange ou démon, tu m’as frôlé de tes ailes ignorant que j’allais me consumer à tire d’elle. J’ai choisi, dessiné, ourlé tes yeux avant même d’y boire puis devant ton corps dénudé, impudique, sont venues les obscures Parques. Les émotions mêlées aux sens engendrent un bien curieux mélange et les silences pudiques ont attisé ma flamme car au bal des mots dits j’ai préféré les maux d’elle. Singuliers arcanes où se lovent les sentiments d’une cause perdue d’avance usant les âmes sur le comptoir des regards intimes.

 

A l’aube d’un nouveau jour je laverai mes mains dans l’eau des au revoir mais ce soir tu m’appartiens encore et je te veux, immobile. Indicibles frontières du portail de l’imaginaire. Une dernière touche, si je l’ose ! Laisse-moi hésiter longtemps encore, veux-tu ? Laisse-moi caresser une dernière fois la courbe de tes seins, le galbe de tes hanches. Louvoyant savamment l’infini de tes formes, je sens sourdre le désir à l’approche de tes lèvres gourmandes, celles-mêmes qu’en ton ventre j’ai mis en couleur, à la chaude lueur de la lampe. Discrète, Vénus sommeille, chancelle quand soudain le plaisir excelle dans cette triste réalité de ne pouvoir t’étreindre. Sublime quintessence !

 

Etrange schisme que le destin réserve à cet artiste bien plus intimement amoureux de l’œuvre issue de la palette, que de son dit modèle et dont seul le pinceau s'adonne au plaisir des infimes caresses.

 

Personne ne pouvait la retenir

Elle est partie sans laisser de trace.

Sa vocation est celle de s’épanouir

En des lieux où il n’a plus sa place,

  Le peintre !!!

   

Lun 6 jui 2009 57 commentaires
Très beau ! et toi , Jyckie, tu renaîts (j'hésite pour l'orthographe !) - tu reprends ton souffle ; ça fait plaisir !
Melly - le 26/01/2008 à 12h42
Je pense que c'est souvent le cas. Ta plume a toujours autant de talent !!
patriarch - le 26/01/2008 à 13h05
Oh, Jyckie ! Quelle splendide sortie d'hibernation ! ce texte est de route beauté... quel mystère, quelle poésie ! et cette chaude élégance dans l'écriture ! tu sais que je le pense... je t'embrasse amicalement bien à toi j'm
jean-marie - le 26/01/2008 à 14h20
magnifique blues artistique (dire que le doute plane toujours sur l'identité de la joconde...) bises et amitiés béa
béa kimcat - le 26/01/2008 à 16h10
Chère Jyckie, si ta plume est d'argent je sais maintenant que ton coeur est d'or. C'est un vrai et pur bonheur que de te lire. Bien à toi Jyckie, Je te souhaite une bonne et belle fin de semaine. Plein de bisous de René Poète http://poete21.over-blog.com
René Poète - le 26/01/2008 à 16h13
Bonsoir Jyckie Je suis heureux de revenir te voir , ton dernier mail m'a fait un immence plaisir.J'espère que tu vas bien quand même , finalement ton blog continu et j'en suis vraiment heureux. Je t'embrasse bien fort et j'espère à très bientôt.
jean-Marc - le 26/01/2008 à 17h46
BONSOIR JYCKY , merci de ta gentille visite , je crois que nous n' habitons pas loin l' une de l' autre , nous sommes donc des provilégiées d' habiter un aussi bel endroit . Le sud est vraiment l' idéal pour vivre et je suis ravie d' y avoir atterri . Bonne soirée , bon W.E. et bisous des voisins marseillais . RENEE CHRISTIAN et DIMITRI le petit fils bordelais très coquinou . mamiekéké et cricri d' amour .
christian et renee - le 26/01/2008 à 18h37
Chère Jyckie, ton "blues" me fait encore plus regretter le temps de mes "cheveux bleus" ! Bonne soirée, bien amicalement.
Dông Phong - le 26/01/2008 à 21h18
splendide blues artistique dans lequel je peux me reconnaitre. Tu as finis d'hiberner Jyckie et tu reviens avec un texte beau et émouvant. a bientot grosses bises oursonne
oursonne libre - le 26/01/2008 à 21h45
Bon week-end d'un aixois !
Tietie007 - le 26/01/2008 à 22h40