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TRADUCTION DES PAGES

 
   
Samedi 12 mai 2007

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PAUVRE AMOUR EXILÉ

 

              

 

      Instant divin, quand notre amour soudain me plonge
       dans la nuptiale union, qui fusionnait nos vies.
       Une affreuse douleur, sournoisement me ronge
       la poitrine, où mon âme demeure endolorie.
       Les nuits peuvent mourir, les jours peuvent s’éteindre
       rien, ne pourra jamais détruire notre amour.
       La douceur du foyer, où commençait à poindre
       l’espoir des jours nouveaux, le futur des toujours.
      
Notre amour a grandi et grandira encore,
       plus follement, plus fortement que jamais.
       De ce premier baiser qui fut la rosée de l’aurore
       Qui m’a donné pour toujours le bonheur de t’aimer.

 

       Ô ! Combien je pense et maintes fois je rêve,
       à ce jour merveilleux qui pressera sur mon cœur
       ta blanche poitrine qu’un fol émoi soulève,
       tes seins gonflés d’amour, débordants de bonheur.
       J’aurai la profonde joie, de te voir accourir
       au détour du chemin dans mes bras grands ouverts.
       Quel délicieux frisson quand tu viendras blottir
       ton corps, qui demeurait au-delà de la mer.
      

       Ô ! Jour béni de mon retour, je te vois là-bas
       sur le petit sentier bordé de primevères,
       ton visage près du mien, te murmurant tout bas
       tous ces mots d’amour qui étaient dans mes prières.
       Je prierai encore plus, pour vivre cet instant.
       Nous serons tous les deux, et les célestes mystères
       vers nous s’avanceront, troublants et palpitants,
       pour que nous puissions nous aimer la vie entière.
       Je vois au loin ce jour, cette journée suprême,
       où pour toujours finiront de souffrir nos cœurs.
       Nous serons tous les deux et nos âmes qui s’aiment
       chanteront à nouveau la chanson du bonheur.
       Je ressens sur mes lèvres que l’amour rend brûlantes
       les sensuels baisers de nos bouches en feu,
       et dans ce rêve, qui dans cet exil me hante,
       je pense follement à ce jour merveilleux.
      

       Ah ! Ce retour béni nous y pensons sans cesse.
       Mais quand reviendra-t-il encore bercer nos cœurs,
       essuyer nos larmes pleurant notre détresse,
       arrêter nos soupirs, et calmer notre douleur ?
       Amour, source divine de cette douce espérance,
       apporte-nous toujours les flots de souvenirs
       que nous avons vécus sur la terre de France,
       avant que ce destin ne me fasse partir.

       Je suis parti, mais mon cœur dans le tien demeure.
       Qui hélas ! Parmi nous cette absence où l’on pleure
       séparés par tant d’eau, de terre, et de soupirs.
       Courage, petite femme que sans cesse j’adore
       ce jour du renouveau pour nous, fera fleurir
       la plus belle fleur qui naîtra de l’aurore
      
et qu’un fatal destin ne peut anéantir.

 

 

  

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 * MENZEL –DJEMIL-TUNISIE.  *Extrait d’une lettre à mon épouse.
Lundi 3 septembre 1945

CANDIDE AGNESE

 

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