NOËL D'EXIL
Noël est là, sans sapin, sans neige, et sans givre.
Noël d’exil, que seuls les souvenirs nous font revivre,
de ce bonheur, si doux quand nous vivions enlacés
où nos lèvres ardentes d’amour, sans trêve se pressaient.
Combien de souvenirs merveilleux en nous demeurent,
de ce premier Noël, qu'aujourd’hui nos âmes pleurent.
Petit foyer d’amour, petite femme que j’adore,
c’est vers toi, que vont mes pensées, plus brûlantes encore.
Mais ce bonheur très doux demeure en nos âmes
quand, de nos corps séparés, nous ranimons la flamme
de ce premier Noël, que nous avons vécu dans notre cher foyer
dans ces profonds mystères, où nos corps se noyaient.
Petit sapin, dans l’angle, je te revois encor
posé sur la cheminée, avec tes parures, d’argent et d’or.
Ho ! Petit sapin, si tu savais combien dans mon cœur
tu tiens de place, tu frémirais de bonheur.
Si tu savais, combien j’adore celle qui, là, te posa
avec toute sa tendresse, pour son mari, elle donna.
Ses petites mains couraient sur les vertes épines
et son regard rêveur, cherchait les caresses divines.
Tous ces petits rubans, étincelant de blanc, de rose
se sont noués ensemble, tous, pour la même cause.
C’est pour moi ce sapin ? C’est pour moi, c’est pour nous ?
qu’un symbole d’amour étincelle tant de reflets si doux.
C’est pour moi ce sapin ? C’est pour moi cette fête ?
C’est pour moi, c’est pour moi, oh ! ma Violette !
C’est pour moi, que tu as couronné ce sapin de ton amour.
C’est pour moi cette ivresse, pour moi ce bonheur, pour moi ce jour !
Premier Noël de notre union, date, fête mémorable
où, tout au long des années, nous n’oublierons jamais,
Notre Premier Noël, avec toi que j’aimais.
Jeudi
25 décembre 1945
Candide Agnèse



