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MA COMMUNAUTE

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 07:53





Ombre diaphane sur les bancs de bois, les yeux reflètent furtivement la lumière maladive d'un jour éteint depuis fort longtemps. Au loin, quelques rangées de tables froides ornent le grand amphithéâtre. Le rideau se lève. Les marionnettes entrent sur scène, leurs petites têtes de porcelaine dodelinant sur leur cou brisé, les fils blancs de la toile tendus au dessus d'elles.


Le chef de ce petit orchestre entre, vêtu de sa canne et de son pardessus fripé. Il a l'air d'un très vieil acteur fatigué, aux yeux agrandis par trop de maquillage et à la peau de parchemin, où déjà trop de mots se sont inscrits. Silencieux, détenant mille secrets interdits, il précède le souffle des mille vents qui font grincer les portes.

Côté Jardin, lentement, l'orée se referme.

 


L'acteur s'avance, prêt à clamer son texte, sa voix douce devenant forte, assurée. Ces mots-là, il a du les prononcer mille fois. Les fils se retendent, la toile s'anime et les petites poupées se mettent alors à jouer au son de la musique, semblables à des centaines de plumes qui grattent les papiers archivés. Ô ! Magie de certaines phrases d'où sourdent les notes qui savent si bien parler, s'inscrivant dans l'esprit de ces dizaines d'élèves à la tête penchée. S'élèvent alors les murmures des croyances, la danse des égaux, les chaînes des hommes libres et la pensée de quelques poètes, a qui l'on a volé leurs ailes .... Des millions des pensées virevoltent puis éclatent, menaçant d'exploser sous la voûte céleste. Enfin, se dévoilent les énigmes de nos mille ailleurs que l'on ne saurait regarder et qui sont devenues statues de sel pour avoir tenté de les résoudre.

Sphinx implacable, le vieux chef dirige ses poupées en ventriloque accompli. Elles sont à la fois ses enfants, ses esclaves et son public, alors que les mots d'encre s'effacent en tournoyant.


Il n'a d'yeux que pour elles, elles n'ont d'yeux que pour lui. Nonobstant, sans faire abstraction du fait que c'est grâce à l'acteur de l'ombre qu'elles existent, elles se voudraient libres sans contrainte et ne plus subir la tension de ces fils qui tantôt les soutiennent, tantôt les affligent !

Notre destin est le plus grand marionnettiste de tous les temps ! Il joue (trop souvent à ma guise) sur les fils ténus de notre existence, afin de nous prouver  combien nous sommes,
parfois, .... ses marionnettes !

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Jacqueline Peytavi - dans Textes Libres
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commentaires

jean-marie 06/08/2009 15:40

Il est si beau ce texte
Ta poésie n'a pas besoin de vers
mais elle est là, magistrale
splendide
merci ma Tite Jyckie
gros bisous
ton j'm m

Frédéric Delalot 28/07/2009 19:52

Rien ne se produit là, là encore où personne ne s’épuise.

Agnèse 26/07/2009 11:53

Marionnettes, seriez-vous les fils de notre destin ? Car être homme est facile, être un homme est difficile.

Paternelles pensées. Didou.

cecyl 24/07/2009 22:16

bonjour
je suis très timide
mais j'aimerais vous dire
que votre blog est for-mi-dable
j'ai acheté votre recueil
il est for-mi-dable lui aussi
mon recueil de poésie
est téléchargeable sur mon blog
j'aimerais beaucoup que vous
me disiez ce que vous en pensez
je sais bien que c'est énormément
vous demander
mais peut-être que quelques uns
de mes poèmes vous plairont
j'en ai déjà trop dit
à plus, ravi de vous suivre

jean-marie 24/07/2009 20:26

oh, ma chère Tite JycKie
comme il est beau ce texte !
il est ciselé dans l'or
l'or de ces mots
à l'égal des grands poètes...
ne rougis pas, ma Petite Catalane
je t'embrasse avec toute mon amitié
bien à toi
j'm m