On s'emploie avec raison à sauver toutes sortes d'espèces d'oiseaux, d'insectes, d'arbres,
de plantes, de grosses et petites créatures bien vivantes ménacées de disparition. Des mots, eux aussi, pour d'autres raisons que la chasse, la pollution et l'argent, meurent. Pétrifiés dans des
dictionnaires obsolètes recensés par des lexicologues historiens, ils ne subsistent que dans les oeuvres littéraires où, intrigué mais paresseux, le lecteur les saute ou les ignore parfois.
Rares sont les personnes émues par la disparition des mots...Ils sont pourtant plus proches de nous que n'importe quel coléoptère. Ils sont dans notre tête, sous nos yeux, sur notre langue, dans
nos livres, dans notre mémoire.
Dieu sait combien les initiatives ne manquent pas, ni les bras, ni l'argent, pour conserver le patrimoine mais, alors que les mots en font tout autant partie que les pierres, les tissus, la
porcelaine, l'or et l'argent, ils n'intéressent plus grand monde...L'écologie des mots est balbutiante. Ah ! menacés, s'ils avaient des ailes et une queue ! Comme l'on s'apitoierait sur leur
sort ! Les mots ont pourtant des ailes, des yeux, des becs, des pattes, des queues, des muscles, du souffle et... un coeur ! Tous possèdent une histoire, un sexe, une âme, une identité mais
le public ne le perçoit pas forcément et l'ignore trop souvent.
Alors ! Quelle importance que quelques mots d'une langue vivante
comme le français s'évanouissent dans la nature ! A ceci près qu'il soit ennuyeux et regrettable qu'une langue s'appauvrisse, qu'elle perde du goût, des couleurs, du sens et de l'exactitude. Ces
disparitions ne menacent pas son existence ni sa santé. Mais qui l'aime, qui la caresse, qui en apprécie les bizarreries comme les beautés, l'ordinaire comme la rareté, se désole d'en voir
disparaître des brides, des éclats, des fragments et, au fil des années, des pans. Il existe des centaines de mots en péril...Ne serait-ce que par amour, ils ne méritent pas notre indifférence.
Si nous le voulons, ils seront encore utiles, sauvons-les, sauvons notre belle langue française.
Cet article rend hommage au talent de Bernard Pivot de L'Académie Goncourt pour ses oeuvres
publiées chez Albin Michel.
Que je suis d'accord avec toi!! L'ordinateur et le téléphone font beaucoup de mal à notre belle langue!Il faut simplifier au maximum si on veut être dans le coup..Résultat :tout s'appauvrit.
J'ai été extrêmement vigilante pour ma fille qui n'a eu le droit d'aller sur MSN qu'à condition d'écrire correctement à un âge où les automatismes n'étaient pas encore acquis.Les SMS, itou.Maintenant, elle sait écrire pratiquement sans faute.
je découvre ton très beau blog.Je m'inscris à ta newsletter pour te suivre.
A bientôt
Comme c'est vrai!
Il n'y a qu'a aller sur Facebook ou autre twitter pour se rendre compte que la langue française n'est plus française. C'est devenu une sorte de soupe ou l'on mêle sans vraiment savoir si le navet va avec la courge.
L'orthographe est malmenée, et je fais partie de ces malmeneurs d'orthographe, mais j'aime les mots et leurs diversités. Quand je lis un livre et que je tombe sur un mot que je ne connais pas, je cherche sa signification. Quand j'écris, j'ai toujours un dictionnaire des synonymes sous la mains, pour varier. Ne jamais mettre en dix lignes deux mots pareils.
Je désèspère en troisième année de fac de voir des gens ne pas comprendre la moitier des mots que contient un cour. Dès que ça dépasse le cadre "quotidien" et les quatres syllabes, c'est la panique. J'ai peur pour nos enfants et de ce qu'ils leur restera de la langue française.
un bien bel article ! bravo
je suis tombée par hasard sur claude hagège, linguiste et chercheur au CNRS entre autre, participant à un débat sur la langue française, avec pivot d'ailleurs, c'était passionnant
bisous à toi
Oui sauvons cette académique et élégante langue française. C'est notre devoir et c'est également notre droit. Merci pour cette généreuse pensée3.
Eléonor
Très juste... Mais n'est-ce pas le propre d'une "langue vivante". Toutefois, il est triste de constater, qu'en France, le nombre moyen des mots courants employés par le commun des mortels est en regression certaine. Par ailleurs, il est regrettable que la francophonie dans le mondes soit en perte de vitesse. N'est-ce pas en définitive, contrairement à votre avis, un manque d'argent dont disposent l'Éducation nationale, l'Alliance Française et certains Médias. Quelles solutions ?
mais ! - je ne reçois plus ta newsletter ; me suis réinscrite -
c'est vrai que le français s'apauvrit - nos jeunes ne lisent plus et donc ...
en plus les SMS, pfff !
bisous Jyckie
Bonjour,
Bel hommage en effet à Bernard Pivot, si je ne m'abuse ce texte est l'introduction de son excellent livre "100 mots à sauver"
Aralf
Bonjour Aralf,
Oui, je rends hommage à un homme de grande valeur littéraire et je ne pouvais le faire sans partager sa façon d'écrire en parallèle. Je te remercie de ton passage. Au plaisir de te revoir sur mes pages, Jyckie.
Je m'émerveille encore de cette si jolie page !
Comme j'aime cet article et comme je partage ton point de
vue !
Bravo à toi d'avoir souligné cela, on n'en parle pas
suffisamment et pourtant ...
Belle fin de journée et au plaisir, Lyly