Ô, Luth de l'aède !



Du crépuscule d'or, aux cuivres du couchant,

Le manteau de la nuit sublime le silence

Quand paraît Séléné dans sa magnificence,

Que chérit Endymion le berger, son amant. 

 

Tu vantes haut l’amour dans ton regard de braise

Par ton chant consterné des ardeurs buissonnières.

Tu ourles d’obscurci les sentes forestières

Où glissèrent mes pas prisonniers dans la glaise.

 

Sous ta voûte d'airain, était-ce fin hasard

Si l'amour vint troubler le flot de ma nuit brève.

Romances et sonnets, poèmes sur la grève 

Puisés avec talent aux mânes de Ronsard.

 

Jamais la moindre fleur ne frôlera ma joue !

N’étais-je qu’une fée au royaume des songes

Que bercèrent la nuit, la lune, ses mensonges 

Pour m’éveiller ainsi, sans espoir je l’avoue !

 

Après je ne sais plus... la lune disparut.

J’ai glissé mon ennui vers les proches rivages

Cherchant l’aveu du ciel sous ses plus beaux adages

Mais mon rêve s'enfuit… quand le jour apparut.


                                  Poème de Jacqueline Peytavi.
                                         

 

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