Sorcières
de Salem ! Combien je vous préfère
La magie de Circé, les ardeurs, ses
appeaux
Transmuant
les affronts en vers et en diptère,
Le
royaume d’Hadès, ses morts et leurs fardeaux.
Dans mon sombre terrier, point de
chauves-souris,
Je
sublime les coeurs et les filtres d’amour.
Les
langues, les crapauds, les yeux, tous les gris-gris
Ne
franchissent mon toit car j'aime sans détour.
Sur
mon balai de crin, je vole, virevolte !
Que
ce soit poudre d’or ou graines de bonheur,
Durant
mon ascension, je sème puis récolte
Les nobles
résultats de mon précieux labeur.
Parfois
j’aimerais tant me vêtir de leurs peaux,
M’armer
de cent chicots et arrondir mes hanches,
Concocter
des potions, flamber les oripeaux ;
Mais
voyez-vous je suis …une sorcière blanche !
Poème de Jacqueline Peytavi.