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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:11



Banc-de-neige.jpg



 


 
L’hiver vient de vêtir son long manteau blanc et de frissons en nez couverts, les passants traversent à la hâte le jardin qui, hier encore, s’abreuvait de leurs douces rêveries. Chacun allonge le pas, se dirigeant expressément vers ses besognes. Pour autant, la saison des fêlures et stigmates revient en ces temps où les jours s’écourtent et quand pour certains, la solitude s’accroît…


 Abandonnée dans ses tristes pensées, l’inconnue attend, immobile, percluse par le froid, qu’une âme prodigue vienne s’asseoir à ses côtés… mais que nenni ! Chaque jour décline d’égale désuétude et d’aucuns ne semblent s’apercevoir qu’un être glisse dangereusement vers les abysses. Indurée dans son enfermement et sans autre compagnie que celle de son banc, elle espére mais en vain, qu’une main légère se posera sur son bras.

 
 Ce contact, ce geste elle en rêve depuis que la Grande Faucheuse l’a déchue de son droit d’épouse, et la viduité, plongée dans les vapeurs des marchands d’illusions. Qui l’en blâmera ? Pourquoi était-elle si transparente ? Une main, une seule main inconnue qui défilerait le cocon de ses craintes, effacerait le tableau noir de ses jours et la délesterait de son armure…

 
 Nonobstant, personne Ô, grand jamais personne ne s’approchait suffisamment d’elle pour apercevoir ses yeux remplis de larmes et son triste regard sollicitant une aide quelconque ; une toute petite présence, une minute, trois secondes, elle n’en demandait pas davantage ! Elle espérait sûrement bien plus mais n’osait y croire…était-ce exigence que de se contenter du moindre ?

 
 Elle aurait tant aimé que le poids de son corps se fasse moins lourd, que la lumière revienne, que ses yeux s’éclairent et ses doigts se tendent ; les vicissitudes de la vie en avaient voulu autrement ! Ainsi donc, à l’heure où les rayons de soleil expirent derrière les grands arbres, quand le froid redouble de vigueur, la pauvre dame se lève péniblement et, d’un pas incertain, regagne son triste logis.
Aujourd’hui encore, personne ne l’avait remarquée et, dans l’indifférence des passants… elle s'en est allée !

 
 


 Et si demain, il s'agissait de l'un d'entre-nous ?


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Jacqueline Peytavi - dans Textes Libres
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commentaires

didier rené 09/01/2010 20:53


bonsoir Jyckie
les gens en général passe à côté de beaucoup de choses comme la misère sans même lever la tête pour voir ce qui se passe
ils ont peut-être et sûrement peur paradoxal avoir peur d'aider j'ai vécus en grande ville l'ignorance la plus complète de son prochain règne
nous vivons dans un monde de brute
gros bisous et merci de ce texte belle soirée


jea-marie 08/01/2010 11:54


Bonjour, ma chère Tite Jyckie
Un texte très beau et si émouvant !
et tellement bien écrit
tu sais rendre poignant ce drame de la solitude et de l'indiférence.
gros gros bisous ma Tite Jyckie
ton j'm m


Loran 08/01/2010 02:03


Très triste en effet et vrai ! Je connais cette indifférence du quotidien qui tue...


catherine 06/01/2010 15:46


Bonjour Jyckie, ton texte est très touchant, avec le froid et les soucis d'une vie quotidienne pas toujours facile, nous devrions ouvrir nos coeurs davantage.

""déjà homme par la lâcheté, je faisais ce que nous faisons tous, une fois que nous sommes grands, quand il y a devant nous des souffrances et des injustices : je ne voulais par les voir...""
Marcel Proust

Je ne changerai pas et tu me ferais plaisir en restant comme tu es et en écrivant toujours comme tu sais le faire, avec ton coeur.
A bientôt.


bellelurette 06/01/2010 15:36


Ce texte me fait penser à "la petite fille aux allumettes".